Tout est venu d'une maladie. Comme quoi, quand on dit c'est un mal pour un bien, on n'a pas tout à fait tort, on a même plutôt raison. Mars 2011 : peu après la catastrophe de Fukushima je contracte une inflammation de la thyroïde, laquelle conduit irrémédiablement à l'hypothyroïdie. Vous noterez que les deux événements n'ont aucun lien. Dans mon cas, l'iode est néfaste à la santé. J'en conclus que pour moi, la mer c'est fini ...
J'assume cette triste réalité pendant deux ans, au cours desquels je fais une croix sur la mer, le sable, les falaises, les bateaux, tout ce monde que j'aime tant, depuis ma plus tendre enfance, et dont je garde la trace d'un trou dans le genou pour être tombée dans les rochers alors que j'étais une toute petite fille.
Et puis un jour que je renouvelle mon ordonnance auprès de ma doctoresse il me vient à l'idée de lui poser la question : bien sûr, avec mes problèmes de thyroïde, il m'est interdit d'aller à la mer ?
Et là , surprise : non seulement je peux y passer mes vacances, mais encore je peux y vivre sans problème. Il ne suffira que de revoir et d'adapter le dosage de Levothyrox que je prends à jeun tous les matins.
| Sète : le promontoire sur la mer, qui n'existe plus |
Je tombe des nues. Je suis folle d'excitation et de joie. A peine suis-je de retour chez moi que je prospecte sur Internet à la recherche des villes côtières les plus proches de Lyon - pour des questions de temps et d'argent. Il en ressort que la ville méditerranéenne la plus proche de Lyon, c'est Sète. Et je réserve aussitôt mes billets allers-retour. Je partirai le 23 mars 2013 et ce jour-là, c'est la tempête, je prendrai des photos sous une pluie battante, toute la journée, et croyez-moi sur parole j'étais au comble du bonheur, j'ai rarement ressenti pareille plénitude, et pareille gratitude.
Sète, nous y allions avec ma famille quand j'étais enfant, ce qui m'attache d'autant plus à mon île bleue que je choisirai sans hésiter pour être mon point de chute et mon port d'attache, dès qu'il me passera par l'esprit l'irrésistible envie d'être auprès de la mer. Une chose en entraînant une autre, je prends la décision d'y vivre sitôt que je serai à la retraite. Je ne peux pas m'y installer plus tôt : mon CDI me retient sur la région lyonnaise, et puis je sais que les emplois sont rares dans le Languedoc-Roussillon. En revanche, les loyers sont deux fois moins qu'à Sainte-Foy-lès-Lyon, pour une surface au moins deux fois plus grande, avec place de parking et balcon. Il ne me reste plus qu'à attendre que l'heure de la retraite sonne ...